Echanges (Page 2)

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Q : Je n'arrive pas à me mettre dans l'état d'ouverture et d'abandon et à me relier à la source d'amour.

R : Se mettre en état d'ouverture, c'est être en accord total avec la réalité, sans laisser notre imagination mener le jeu, sans qu'un effort de volonté vienne s'interposer. Ainsi, l'ego s'efface peu à peu, libérant un espace où l'énergie de vie peut faire son œuvre.
L'amour est une énergie impersonnelle. Elle ne peut se plier à nos désirs. Elle est libre.
Les êtres humains la cherchent alors qu'elle est toujours présente. Cette quête ne peut s'apaiser que lorsque l'amour est reconnu pour ce qu'il est. On le reconnaît alors présent en toute chose, à chaque instant. C'est cette obsession de la quête qui détourne de la présence continue de l'amour. Elle est menée par des ego qui ne pourront jamais embrasser cet absolu.
L'amour est la vie, ce que nous sommes en conscience dés que nous nous abandonnons à son courant fluide. Il ne dépend pas de nos désirs, de nos rêves, des conditions que l'on pose, de nos luttes pour le posséder. On ne peut l'avoir, il est, et il est ce que nous sommes. Il nous appelle donc à nous intérioriser, à retourner au coeur.
Nous vivons la plupart du temps séparés mentalement de la vie, de ce flux d'énergie ininterrompu. Nous sommes rarement ajustés à son courant. Vivre, ce n'est pas autre chose que se sentir au cœur de ce flot et couler avec lui, rentrant sans cesse en soi-même tout en s'étendant vers l'extérieur. Retrait – expansion sont les deux mouvements de la vie.
Peu importe nos conditions d'existence, notre environnement. On peut encore avoir du chagrin : on sait que c'est une énergie qui se manifeste et qui s'en ira, sans laisser de traces car nous ne l'aurons pas saisie mentalement.
L'amour est la Réalité, notre réalité, la substance de la vie. Nous nous abandonnons lorsque nous laissons l'énergie de vie se vivre à travers nous. En vivant, simplement, en pleine conscience, l'ouverture, l'abandon, sont notre présent continu.


Q : C'est cette reliance permanente avec l'univers que ce corps-esprit recherche, cet état que vous avez maintenant intégré à jamais. Cela même que j'essaie d'incarner au quotidien dans mes difficultés incroyables, dans la souffrance et le manque d'amour.
Je me sens de moins en moins de ce monde, ou de plus en plus, je ne sais pas...

R : Se sentir de moins en moins de ce monde, et de plus en plus dans la vie, relié à tous les êtres vivants, animaux compris, à la nature, au cosmos ....
C'est avec cette conscience-là, de chaque instant, que le mental s'apaise peu à peu, qu'il n'a plus la volonté de contrôler quoi que ce soit. C'est le mouvement de la vie qui nous porte, le mental n'est utile que pour l'existence pratique. La vérité se découvre d'elle-même, dans le vide de l'absence à soi-même.
Elle est dans le mouvement de l'énergie qui circule librement. Elle est dans le murmure, audible seulement lorsque nous sommes silencieux. Elle est ce souffle, léger et puissant, qui nous porte avec force et douceur, avec tendresse. Dans le chemin de souffrance qui est le vôtre, soyez attentif à ce que la vie vous propose. Car il n'y a pas d'autre voie que celle que vous êtes en train de vivre, seconde après seconde.


Q : La quête du sens s'est révélée très tôt chez moi. J'ai toujours voulu comprendre, je me suis toujours posé des questions. Même si je sais qu'un processus est en cours, je l'ai bien compris, mais parfois, j'ai l'impression de "stagner". Y a t il quelque chose que je puisse "faire" pour accélérer ce processus comme me le suggère mon entourage (pratiques spirituelles diverses) ? Ma question n'est elle pas celle de mon impatience!?

R : Ecoutez votre propre voix, demeurez relié à cette joie sans cause que vous ressentiez adolescent lorsque vous contempliez l'univers.
La société nous entraîne à « faire » sans cesse, à être toujours dans l'agir. Nous sommes tellement conditionnés que nous culpabilisons si nous sommes dans la contemplation, croyant alors que nous stagnons, dans une passivité synonyme de faiblesse. Or, il n'y a jamais stagnation. Comment serait-ce possible ? La vie n'est que mouvement. C'est toujours notre esprit qui juge et qui sépare, d'un côté ce qui est considéré comme bien, de l'autre comme mauvais, d'un côté l'action, de l'autre la contemplation… Toute la vie est regardée par notre esprit de cette façon duelle.
La question n'est pas de faire, même des méditations, des prières, des rituels, ce n'est pas non plus de rejeter quoi que ce soit. C'est de laisser la vie oeuvrer en soi. La vie n'a pas besoin de nous, n'a pas besoin qu'on l'aide à se mouvoir ... c'est l'ego, ce tas de pensées, qui, dans son orgueil, s'en persuade.
Vous pouvez méditer - sans pour autant vous immobiliser physiquement - si vous ressentez le besoin de calmer votre esprit. Un mental calme, stable, est indispensable pour permettre à l'énergie de la vie d'oeuvrer en nous, librement, dans cet espace laissé grand ouvert, sans entrave, qui est notre véritable nature.

L'intelligence de cette énergie sait ce qui est bon pour nous, et tout ce qu'elle nous propose - tout, même ce que nous considérons comme des épreuves - est une invitation à nous ouvrir, à élargir notre espace intérieur.
Le temps n'existe pas dans cette dimension-là. L'impatience est une création de notre mental, qui imagine une distance pour arriver à un but. Ne projetez rien, ne cherchez pas un but, vous êtes déjà ce que vous cherchez : un espace de paix et de silence, depuis toujours. C'est lorsque votre esprit aura définitivement compris qu'il ne peut trouver ce qui est plus vaste que lui, ce qui le contient, que le "saut" se fera... de lui-même.
Ayez confiance en la vie. Elle vous a mené avec amour jusqu'ici, et il n'y a pas d'autre réalité que celle que vous vivez, ici et maintenant.


Q : Ce qui me paraît insurmontable en ce moment est le décalage de ce vers quoi je tends et ce que me renvoie la vie, mes proches, les situations inextricables. Je ne vois plus de solution adéquate pour démêler l'écheveau de ces situations embrouillées à l'extrême.
Il y a comme un conflit entre cette absence de volonté de contrôler quoique ce soit, de se sortir du mental, et ce que me renvoie la vie comme difficultés. A vouloir accepter le point de vue de l'autre, je vis dans un conflit permanant. Lorsque je laisse les événements se déployer d'eux-mêmes, l'extérieur (les gens que je côtoie) me renvoie une acceptation de ma part pour m'enfoncer davantage dans leur propre égoïsme. L'absence de prise de position est toujours perçue comme une faiblesse. Par l'absence de dualité que je veux vivre, à force de les ménager, mes proches me ramènent dans des prises de position extrêmes.
Doit-on sacrifier la non dualité au profit du mode duel de son entourage ? C'est toute une harmonie entre les êtres et les événements que j'aimerais vivre ! Le résultat n'est que conflit et épuisement psychique, tout est sans saveur, sans joie...
Comme cette nostalgie de la vérité est douloureuse car trop éloigné pour le moment ! Plus de désir, mais pas dans une acceptation joyeuse, dans un manque de motivation. Je suis au bord de quelque chose d'aigu, dans une impasse, où chaque chose se resserre et me laisse de moins en moins de marche de manœuvre, mais pour aller où ?

R : Ce que vous renvoie la vie est seulement le reflet de ce qu'il y a dans votre conscience. Aucune situation n'est inextricable. Videz votre conscience de tout ce qui l'encombre, de toutes ces pensées embrouillées, et vous découvrirez votre espace silencieux, toujours clair. Il ne s'agit pas d'accepter ou non le point de vue des autres, mais de calmer votre esprit. C'est de la responsabilité de chacun de le faire. Ne prenez pas les pensées des autres avec vous, ne saisissez rien, laissez les choses qui viennent vous traverser et observez-les, dans le calme. Observez vos réactions, agissez, oui, seulement lorsque les circonstances le demandent, selon ce que la vie attend de vous.
Pour voir ce que la vie attend de vous, il faut commencer par stabiliser son mental.

C'est votre esprit qui juge, qui met le mot faiblesse et conforte ainsi le comportement des autres à votre égard. Vous avez la capacité de ne plus vous juger ainsi et de changer la situation pour la rendre conforme à ce que votre conscience perçoit.
Il n'est pas question de vous sacrifier, cette notion ne concerne que les ego. La conscience, elle, ne connaît pas le sacrifice. Elle est ce que vous êtes, laissez-la affleurer, vous ressentirez une détente, une tranquillité, vous ne verrez plus des choix à faire, vous ne vous poserez plus la question : pour aller où ? C'est encore l'ego qui se pose cette question. Où voulez-vous que la conscience aille ? Vous n'êtes pas dans une impasse, seulement un enfermement mental qui n'est qu'une illusion.
Nous croyons que nous sommes dans l'obscurité, alors que nous sommes si prés de la lumière.... c'est notre regard qui n'est pas accoutumé.
Détendez-vous, ouvrez votre espace intérieur, vide... il n'y a rien qui fasse obstacle à la lumière, si ce n'est votre esprit qui dit : il y a quelque chose que je ne comprends pas....


Q : Comment ne pas se laisser envahir par nos tracas du quotidien et faire en sorte qu'ils ne prennent pas une ampleur dans notre esprit ?

R : Les tracas du quotidien n'encombrent que le mental. Il y a toujours un espace en nous qui reste pur et silencieux. C'est à cet espace que vous devez vous relier. Il n'y a pas d'intérieur et d'extérieur. La vie est une. Soyez heureux dans cette vision globale. Acceptez tout ce sur quoi vous ne pouvez pas agir, sans résister, et travaillez sur ce que vous pouvez modifier, comme les émotions qui engendrent des comportements qui font souffrir. Cela demande beaucoup d'attention, une vigilance d'instant en instant.
N'oubliez pas de remercier la vie pour tout ce qu'elle vous présente. Elle est une magnifique aventure !


Q : Vous vivez la réalité spirituelle. On voudrait que ce soit partagé par tous. Le monde de compétition changerait. Mais l'observation de l'histoire et de l'actualité nous montre un monde inchangé: aveuglé par l'angoisse, la crainte, la combativité nécessaire qui en découle, il nous montre l'homme livré à un destin devant lequel il est sans pouvoir.

R : Oui, l'état spirituel de l'humanité est désastreux. L'origine de nos conflits, de la disparition de tant d'espèces végétales et animales, de l'exploitation de la terre et de toute vie sur sa surface, y compris celle des êtres humains, de la négation par quelques individus de toute humanité chez les pauvres de la planète, est l'ignorance de la véritable nature de la vie.
La seule voie possible pour l'humanité est l'éveil à l'unité par la connaissance de soi.
La cause de cette affreuse réalité terrestre est que nous nous croyons séparés les uns des autres. Dés qu'il y a regard de l'autre, il y a un sujet et un objet. "Je" devient un objet dans le regard de l'autre qui me renvoie une image. L'ignorance vient de ce que nous nous identifions à cette apparence vue par l'autre. Chacun se voit comme objet et aussi comme sujet qui à son tour objective l'autre. Les conflits naissent de ce que le moi, réduit à un objet, se défend en aliénant l'autre.... C'est sans fin....
Or, notre véritable nature est espace vide, conscience sans objet. Au sein de cet espace, tout le vivant est interconnecté. Ainsi, non seulement nous ne sommes pas séparés les uns des autres, mais unis par cette essence unique, mieux: les uns dans les autres. Seule cette prise de conscience de notre vraie nature ouvre à l'amour.


Q : Ce que j'observe dans ce "cheminement", c'est qu'il y a une certaine maturité qui s'installe, et avec elle, une tranquillité. Il faut avouer que la vie m'a secouée de façon assez dure et impuissante face aux évènements, je me suis souvent révoltée, jusqu'à penser au suicide, mais quelque chose en moi tenait bon et a fini par s'abandonner. Une ouverture s'est faite à mon insu. Les évènements sont donc vécus avec un certain recul maintenant. Je vois que je ne démarre plus au quart de tour. Les inquiétudes aussi tombent. Tout ou presque n'a plus l'importance que la société leur accorde. Mon compagnon est sur la même voie, et la relation s'est assouplie.
Cet apaisement est il un signe précurseur à ce basculement ? Je vois qu'il y a encore un espoir à...un manque !

R : La paix qui s'installe en soi vient d'elle-même, lorsque nous ne la cherchons pas, lorsque nous ne sommes plus dans le vouloir faire, le vouloir avoir.... La paix est la substance de ce que nous sommes véritablement. Elle se dévoile dés que nous lui dégageons l'accès, grâce à un apaisement mental, un abandon à ce qui est. Cela se fait toujours à notre insu, car le mental n'a aucun rôle. La paix ne peut pas être "pensée". Au fur et à mesure, tout est regardé avec détachement, comme vous le faites désormais. La vie vous a secouée, mais la vie vous aime .... Les blessures sont des ouvertures.
Les peines sont des occasions qui nous sont présentées de nous ouvrir toujours plus. Ayez la même gratitude envers elles que vous en avez envers vos joies. Tout a un sens, il y a une intelligence à l'oeuvre dans l'énergie de la vie.
Que vous ayez à vos côtés un compagnon qui chemine dans la même voie est un beau cadeau que vous fait la vie.

Lorsqu'on espère ou attend quelque chose, on est encore dans le mental qui joue à se créer des manques puis à chercher à les combler. Il n'y a pas d'autre parcours que celui que vous êtes en train de vivre à chaque instant. Tout est parfait tel que cela arrive, c'est la vie qui se manifeste à vous... Chacun de nos pas vécu en pleine conscience est déjà réalisation, avant le grand saut qui arrive toujours en dehors de notre vouloir.

 


Q : En ce moment, je suis dépassée par toutes les décisions que je dois prendre…

R : Avant de prendre toute décision importante, il faut faire un grand silence en soi, afin d'être bien sûr que c'est la vie qui invite à ce changement, et non le mental. Vous êtes certainement à un tournant de votre existence. Si vous ressentez véritablement que l'organisation de votre vie doit évoluer, parce qu'elle ne correspond plus à ce que vous êtes, alors vous devez vous adapter à cette force qui vous pousse. Ce serait éprouvant pour vous de résister. L'essentiel est de bien percevoir que c'est une énergie qui émane directement de la vie. Regardez en vous le sens de cette énergie de changement qui est apparue. La vie va toujours dans la direction du dépouillement, du renoncement, afin que ne reste que l'essentiel, afin de libérer la conscience de ses identifications....


Q : Vous semblez me conseiller d'arrêter la pratique du « qui suis-je ?» pour m'inviter au Silence vivant. Ramana n'a cessé de dire que tant qu'il y a identification au « je », cet effort est nécessaire. Je suis le silence et la paix dès que je retourne en moi par cette question. Aujourd'hui, j'ai pu attendre des résultats médicaux importants de ma femme (qui sont bons) en toute quiétude et disponibilité pour mes enfants grâce à cet encrage dans cet amont de tout. Il y a dix ans, j'ai pu accompagner ma mère à la mort sans quasiment dormir pendant plusieurs jours en toute simplicité, avec grand courage et bonté grâce à cette dés- identification… Ramana dit que « rester tranquille, c'est détruire ce que vous croyez être ». Pour vous, la question (comme l'indique Ramana) s'est dissoute dans la Conscience. Cette dissolution n'est pas encore naturelle chez moi. A quelques reprises, baignant dans la simplicité du Vivant, j'ai abandonné cette question en ne faisant plus rien du tout mais le mental a vite repris les rênes. Je ne me sens pas dés-identifié. De plus, j'ai l'impression de faire beaucoup moins d'efforts dans ma vie quand je pratique cela.

R : Tant qu'il y a pratique, tant qu'il y a mantra, il y a activité du mental, qui objective « Je ». Je ne vous conseille pas d'arrêter toute pratique, ni d'ailleurs de continuer. Je témoigne seulement de mon vécu. Je ne conseille rien, ni n'enseigne rien.
Tel que vous êtes, là où vous êtes, est déjà la Réalité qui se manifeste dans la perfection renouvelée de l'instant présent. Chaque pas que vous faites en conscience est la réalisation.
Dés que vous laissez votre conscience refléter, tel un miroir, la multiplicité de la vie, tous les évènements qui se présentent, vous êtes dans la tranquillité, dans la paix du Soi.
Vous me dites que vous ne vous ressentez pas toujours dés-identifié. Riez dés que vous voyez ce mental cavaler et créer une distance.... la vie est légèreté ! Dans cet instant même de prise de conscience joyeuse, se trouve votre espace de liberté, votre véritable nature.
Ce que vous me dites sur votre maman me touche. Il n'y a pas de plus beau geste d'amour que d'accompagner un être vers la mort. (voyez Ramana avec sa vache Lakshmi qu'il aida à mourir, son geste vaut tous les enseignements....). Ce qu'on appelle la mort peut être l'instant de notre plus haute réalisation, notre absorption totale dans la Conscience cosmique.
Lorsqu'on sait véritablement ce qu'est la mort, on sait ce qu'est la Vie.


Q : La question est de savoir faire la distinction entre ce qui provient du mental limité et ce qui vient en droite ligne de la vision globale. Dans certaines situations complexes, je ne parviens pas à faire la différence. Ces situations impliquent souvent plusieurs personnes, (je suis Maire de ma commune) et il parait tellement difficile de trouver le juste milieu entre les tiraillements de chacun, qu'entre plusieurs scénarios possibles, je tente d'identifier le plus juste en me fiant a mon intuition.

R : L'intuition est la voix du cœur, du centre de notre être. Dans une activité publique, il peut sembler difficile, en effet, de voir la décision appropriée, l'énergie de la situation étant distordue par les intérêts égotiques des uns et des autres. Chacun se voyant séparé des autres, l'habitude mentale de rejeter ou de s'agripper à quelque chose limite le flux de la vie qui cherche à s'exprimer à travers nous. Nos esprits orgueilleux nous font croire que c'est nous qui décidons. Mais si nous observons les faits de notre existence, nous voyons que la plupart arrivent du fait de notre destinée, par des fils tissés par une intelligence bien supérieure à la nôtre....
La plupart des êtres humains s'agitent dans tous les sens, et le seul résultat est beaucoup de souffrance. En réalité, ce que la vie nous demande est d'agir lorsque les circonstances le demandent, en accord avec elles, en accord avec ce qui est (et non avec ce que nous-même et d'autres aimeraient que cela soit). Sans ajouter d'opinions sur l'acte, de jugements sur les résultats attendus. Ce qui gâte la plupart de nos actes, c'est l'attente. Ceci vaut pour tous les domaines de notre existence, même spirituel. Dés que nous n'avons plus d'attentes, nous n'avons plus de jugements qui limitent, plus de dualité en nous. Donc, plus d'hésitations quant à la décision qui doit être prise. Il n'y a plus de choix possible. Ceci est la véritable liberté.... C'est seulement notre esprit qui crée des choix de décisions possibles, c'est lui qui entretient ce trouble à propos de décisions à prendre ou non, favorables ou non.... Dés que nous vivons en conscience ce que la vie nous propose, tel que c'est, dans un présent éternellement renouvelé, parfait tel qu'il se présente sur le champ pur de la conscience, la paix règne en notre coeur. Nulle confusion n'est possible.
La vie vous fait le cadeau de vous placer dans des situations qui vous conduisent à pénétrer profondément en vous, à la rencontre de votre espace intérieur. Vous avez sa liberté !

Je viens de lire quelques paroles de Balsekar, et vos interrogations quant aux décisions à prendre dans le cadre de votre fonction sont revenues à mon esprit. Balsekar fut directeur de la Bank of India à Bombay, avant de rencontrer, à 60 ans, Nisagardatta, dont il devint le disciple.
Voici ce qu'il dit : "Dans l'exercice de mon métier, je ressentais : ceci doit être fait, telle demande exige une réponse positive, ou négative.... Sans cela, il ne m'aurait pas été possible de fonctionner dans le monde. Mais même si de l'extérieur, je paraissais prendre des décisions, jamais je n'ai cru que c'était moi qui décidait." Et plus loin : "Vivez, ouvrez-vous chaque jour davantage en acceptant tout ce que la vie vous apporte. Dans votre métier, dans votre vie extérieure, vous pouvez, bien sûr, prendre des décisions, dire oui ou non. Mais sans jamais oublier que ce qui arrive ne dépend pas de vous. Faites preuve de responsabilité tout en sachant que vous n'êtes pas responsable et que les conséquences de vos décisions ne vous appartiennent pas. Cela vous procurera un incroyable sentiment de liberté."


Q : Je suis consciente de ce silence qui occupe un espace. Encore un sujet-objet qui regarde ? Le vrai silence est donc la disparition totale du moi qui a encore une perception, qui s'accroche à un ressenti ?

R : La perception est une manifestation, comme un reflet de la conscience, et n'est pas ce que nous sommes. Ce que nous sommes, conscience, silence, vide, ne pourra jamais être connu comme un objet de connaissance, car c'est le Sujet ultime.
Le moi aussi est un objet pour la conscience qui se manifeste comme conscience de quelque chose. La conscience en repos, seulement conscience d'elle-même, se dévoile dans le renoncement total du moi, dans le vide de l'esprit. Elle ne peut être perçue, observée.